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Histoire
Pourquoi Montreux est devenu la capitale de la musique ?

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Gilles Chateau en 1973
Au cours de recherches sur la période terminant les années 60 et le début des années 70 à Paris, je suis tombé sur des articles au sujet de trois évènements musicaux décisifs qui changeront la scène Rock en France pour les années à venir.

J’y étais, aux trois, donc je parle en connaissance de cause.
D'ailleurs la presse de l’époque en avait pas mal parlé parce que le navire commençait à chavirer.
La “nouvelle vague” s’était transformée en ras de marée et ça allait dans le mauvais sens.

- Rolling Stones - Palais des Sports, 22 novembre 1970
- Yes, Iron Butterfly, Soft Machine - Palais des Sports, 30 janvier 1971
-Pink Floyd, Frank Zappa, Pretty Things, Ten Years After, Amougies, Belgique, 10 – 16 avril 1971


Les deux premiers furent marqués par de violents incidents de sérieuse envergure, impensables de nos jours et qui feront tourner les tables et forceront la droite de l’époque à condamner les festivals de Rock en général sur le territoire français, forçant les groupes, les fans et la presse à aller voir ce qui se passait en dehors des frontières, surtout du côté de la Belgique et de la Suisse, Le troisième évènement, le festival d’Amougie en Belgique, en Avril 71 ressemblait plus à une débâcle sur le front ouest qu’à un festival de Rock en plein air.

Pendant six jours, dans la boue et sous une pluie continuelle, à l’intérieur d’un chapiteau qui commençait à prendre de l’eau dès le premier jour, on s’était tous dit que le vent commençait à tourner et qu’on savait ou ça pointait.

Au bout du sixième jour, on enterrait les morts et retournait sur Paris la queue basse, convaincus que ça allait mal sur le territoire.

Les fans, comme les journalistes, s’étaient alors mis d’accord que Montreux était en train de devenir LA capitale de la musique en Europe, un peu comme San Francisco à l’échelle de la Suisse. Ça ne serait jamais arrivé sans l’expulsion systématique du mouvement en dehors de Paris, alors capitale de la musique en Europe continentale grâce à des salles comme l’Olympia, La Salle Playel ou le Théâtre des Champs Elysées où j’ai eu le plaisir et la chance de voir les Rolling Stones, Miles Davis et Pink Floyd en 66, 67 et 68. La gauche avait récupéré le mouvement au nom de la solidarité et la droite s’affairait à éteindre le feu. Chaque concert Rock, étaient systématiquement pris d’assaut et dégénérait en débat sur la gratuité de la musique et le prix des tickets.

Mais à qui bénéficiait vraiment tout cela?
The fans who came down to Montreux for sure.
Au diable la politique, let the music play.

Gilles Chateau